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a athènes hollande devient champion des privatisations

20 Fév

A Athènes, Hollande devient champion des privatisations

19 février 2013 | Par Lénaïg Bredoux

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Rencontre avec le Pasok, mais pas Syriza

La semaine dernière, l’Élysée avait pourtant juré vouloir se démarquer de la chancelière allemande Angela Merkel, venue en octobre à Athènes avec une imposante délégation de chefs d’entreprise en quête de nouveaux contrats. « Eux étaient venus voir Samaras en étant très prescriptifs sur ce qu’il devait faire », plaide un conseiller français. L’Élysée insiste aussi pour rappeler que la France participe à la “task force” européenne qui doit contribuer à la réorganisation de l’État grec. « On s’occupe de la réforme fiscale ou de l’instauration du secrétariat général du gouvernement… L’Allemagne, elle, travaille surtout dans l’aide aux collectivités et dans la santé – là où il y a des contrats ! » ironise un membre de la délégation française.

Mais si François Hollande est incontestablement moins ostentatoire, il est tout autant critiqué à sa gauche. Attac a dénoncé mardi « le cynisme social et écologique » du président français. « L’austérité pour la Grèce (et la France), l’expérimentation des gaz de schistes pour l’Algérie, le pétrole pour la mer Égée, la sécurisation militaire de l’uranium pour l’Afrique, les ventes d’EPR et d’avions Rafale pour l’Inde : le changement, c’est pour quand ? » s’interroge l’association dans un communiqué.

François Hollande à Athènes mardi© Reuters
Sur le fond politique, Hollande n’a rien trouvé à redire aux plans d’austérité qui étranglent la Grèce – 27 % de chômage dont 60 % chez les moins de 25 ans, et une sixième année de récession (lire notre article). Le président français n’est certes pas venu demander « plus d’efforts » aux Grecs dont il a souligné plusieurs fois les « souffrances », mais il ne défend pas non plus une autre politique. Il a affiché son soutien au premier ministre de droite, Antonis Samaras, à la tête d’une coalition regroupant deux autres formations, dont le parti socialiste Pasok.

« Cher Antonis », a-t-il lancé au lycée français d’Athènes devant les patrons des deux pays, avant de juger qu’il menait « un travail courageux au nom de son pays mais aussi de l’Europe ». Même sur l’épineux sujet de l’immigration, François Hollande n’a pas voulu se démarquer des propos de Samaras, qui a parlé, à ses côtés, de « flux énormes d’immigration qui menacent l’Europe » et d’une prochaine visite à Athènes de Manuel Valls.

Le président français a aussi profité de son court séjour à Athènes pour rencontrer le leader du Pasok, Evangelos Venizelos. Mais pas le chef de la coalition de gauche radicale Syriza. En mai dernier, de passage à Paris, Alexis Tsipras avait déjà échoué à le rencontrer et, un mois plus tard, François Hollande avait appelé les Grecs à voter pour les partis favorables aux plans d’austérité (voir nos articles ici et ).

Finalement, le séjour de François Hollande à Athènes n’aura fait que confirmer aux yeux des Grecs ce qu’ils savaient déjà. Alors que l’élection du socialiste français avait suscité un espoir dans un pays étranglé par la crise et les exigences de la Troïka, la visite du président français s’est déroulée mardi dans une relative indifférence. François Hollande a bien fait voter un pacte de croissance à Bruxelles, mais son ampleur – 120 milliards d’euros à se partager pour tous les pays – reste très limitée.

S’il a toujours bataillé pour que la Grèce reste dans la zone euro, y compris quand certains ministres importants d’Angela Merkel évoquaient ouvertement sa sortie, il a été incapable d’imposer d’autres remèdes à la crise grecque. Il n’a pas non plus pu entraver l’alliance entre la chancelière allemande et le Britannique David Cameron sur le budget européen d’austérité. La France, avec sa croissance quasi nulle et son déficit public supérieur à 3 % cette année, est loin d’être un modèle.

 
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Publié par le 20 février 2013 dans Non classé

 

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