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ARTICLE d’HERVE KEMPF dans LE MONDE du 14 DECEMBRE

18 Déc

Hervé Kempf – 14 décembre 2011

S’ils ont à cœur leur intérêt, logiquement, les salariés d’Areva devraient voter pour les écologistes aux prochaines élections. Europe Ecologie-Les Verts s’engage en effet à garantir leur emploi. Ce parti a insisté pour que, dans l’accord avec le Parti socialiste – certes fragilisé par la sensibilité des amis de François Hollande au lobby nucléariste -, la conversion de la filière du retraitement et de > fabrication du Mox se fasse à « emploi constant ».. Et les écologistes > répètent que l’industrie nucléaire française a un avenir dans le renforcement de ses compétences en matière de démantèlement des centrales, dont le marché ne va cesser de grandir. Ce ne sont pas seulement les résultats déplorables d’Areva, annoncés le 12 décembre, qui devraient porter les travailleurs à la réflexion, ni même le mensonge d’un gouvernement qui, il y a quelques mois, assurait qu’on ne toucherait pas aux emplois. Pas seulement l’ignorance de M. Proglio, président d’EDF, affirmant que le nucléaire représente un million d’emplois en France quand le parti présidentiel, l’UMP, en compte dix fois moins. Non plus que les outrances de M. Sarkozy, tâchant de répandre la peur à coups de « bougies » et de « Moyen Age ». Mais la fatuité de tous ces dirigeants, qui se trompent depuis des années en négligeant d’analyser en détail ce que font nos voisins – Allemagne, Belgique, Suisse, Italie sortent du nucléaire -, en refusant de reconnaître leurs erreurs – le coûteux EPR, qui est deux fois plus cher que prévu, ou la filière Mox, ce combustible dangereux que la France se retrouve seule à fabriquer -, en restant obstinément aveugles au problème que le nucléaire traine comme un boulet – le cout futur et très élevé du stockage de déchets radioactifs pendant des milliers d’années. Le problème du nucléaire en France, en fait, est qu’il a été géré de façon irrationnelle (la rationalité étant ici définie comme la capacité à agir en fonction d’une analyse lucide de la réalité) par des dirigeants persuadés d’être totalement rationnels. En passant leur temps à dénigrer leurs contradicteurs plutôt que d’accepter une discussion loyale, ils se sont enfermés dans une voie de plus en plus étroite, qui met le pays en danger face aux nouveaux défis. L’heure du bilan approche, pour le nucléaire comme pour tant d’autres domaines. Il serait étrange que les travailleurs du nucléaire votent pour un président dont la politique en la matière se lit comme une succession d’échecs.

Source : Cet article est paru dans Le Monde daté du 14 décembre 2011.

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Publié par le 18 décembre 2011 dans Non classé

 

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